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Auteur: INSTITUT AFRIQUE DECIDE
Publié le:
02 mai 2026
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;"><span class="xv78j7m" spellcheck="false">#Patrimoine</span> <span class="xv78j7m" spellcheck="false">#culturel</span> & <span class="xv78j7m" spellcheck="false">#Développement</span> des <span class="xv78j7m" spellcheck="false">#Territoires</span> </span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Numérique et patrimoine culturel au Bénin : entre enjeux de sauvegarde et nouvelles perspectives de valorisation</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Face aux mutations technologiques contemporaines, la question de la sauvegarde du patrimoine culturel se pose avec une acuité renouvelée. Entre fragilité des biens, transformation des modes de transmission et attentes croissantes d’accessibilité, le numérique s’impose progressivement comme un levier stratégique.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">C’est dans cette dynamique que l’Institut Afrique Décide a organisé, ce samedi 02 mai 2026, de 10 heures à 12 heures, un nouveau numéro de ses panels mensuels, réunissant un public diversifié autour du thème : « Le numérique au service de la sauvegarde et de la valorisation du patrimoine culturel au Bénin : défis et opportunités ». Animé par Kodjo Patrice TOSSAVI, expert en systèmes d’information et transformation digitale, ce panel a permis d’explorer, de manière structurée, les enjeux, les potentialités et les conditions d’une intégration réussie du numérique dans le secteur patrimonial.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">D’entrée de jeu, l’intervenant a dressé un état des lieux du patrimoine culturel béninois, caractérisé par une richesse remarquable, avec plus de 2 664 biens culturels inventoriés, une forte diversité sociolinguistique et quelques biens inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Toutefois, ce patrimoine demeure exposé à plusieurs risques : dégradation progressive des objets et des sites sous l’effet du climat, transmission orale des savoirs en péril due à la disparition progressive des dépositaires de traditions, insuffisance d’inventaires systématiques. Le retour des trésors royaux en 2021 a également mis en évidence la nécessité de renforcer les dispositifs de documentation et de conservation. </span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Dans ce contexte, le numérique ouvre des perspectives importantes. La numérisation des collections, à travers des technologies telles que la modélisation 3D, la photogrammétrie ou l’imagerie RTI, permet de documenter avec précision les biens culturels. Les visites virtuelles à 360°, les plateformes en ligne et les applications mobiles facilitent un accès élargi aux ressources, notamment pour la diaspora et le rand public. Par ailleurs, des outils comme la reconnaissance optique de caractères (OCR) et le traitement automatisé du langage permettent une meilleure exploitation des archives écrites et orales.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Cependant, plusieurs défis majeurs freinent encore cette dynamique. Sur le plan technique, la connectivité demeure inégale et les équipements spécialisés restent limités. Sur le plan institutionnel, l’absence d’une politique nationale formalisée de numérisation, le manque de standards communs et la faible coordination entre acteurs constituent des obstacles importants. À cela s’ajoute un défi majeur : l’insuffisance d’un budget dédié, qui limite la mise en œuvre d’initiatives durables et structurées. Sur le plan humain, l’insuffisance de compétences spécialisées et la faible culture numérique dans certains environnements professionnels compliquent davantage la transition. Face à ces contraintes, plusieurs pistes ont été évoquées, notamment la nécessité de sécuriser des financements pérennes, d’inscrire la numérisation du patrimoine dans les priorités publiques, et de développer des partenariats stratégiques capables de soutenir les investissements techniques et humains.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Le panel a également permis de mettre en lumière des expériences inspirantes. À l’international, la numérisation des manuscrits de Tombouctou au Mali ou les initiatives muséales en Afrique du Sud illustrent des modèles de conservation et de diffusion réussis. Au Bénin, plusieurs projets témoignent des premières avancées en matière de médiation et de valorisation numérique. On peut citer entre autres : des projets comme PhotoAfricaine initié par l’École du Patrimoine Africain (EPA), le portail patrimoine.bj qui constitue une base importante pour l’inventaire national ou encore la Route des Tata, qui valorise l’habitat traditionnel des Bètammaribè. Ces initiatives montrent que la réussite repose sur plusieurs conditions : une volonté politique affirmée, le développement des compétences locales, l’implication des communautés et l’adoption de standards ouverts garantissant l’interopérabilité des données.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Les échanges avec le public ont permis d’aborder des enjeux plus sensibles et d’ouvrir le débat autour de plusieurs interrogations :</span><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">À qui appartiennent les données numérisées ? Comment éviter un « second pillage », cette fois numérique ? Comment protéger les savoirs sacrés ou ésotériques tout en favorisant leur valorisation ?</span><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Autant de questions qui soulignent la nécessité d’une approche éthique, inclusive et souveraine dans la gestion du patrimoine numérique.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">Au terme de cette rencontre scientifique, un principe fondamental énoncé par le panéliste s’est imposé à l’unanimité : « Il faut que le numérique soit au service de la culture et pas l’inverse » Cette affirmation rappelle que la technologie, aussi performante soit-elle, ne constitue qu’un moyen. Son efficacité dépendra de la manière dont elle est pensée, encadrée et mise au service des réalités culturelles et sociales.</span><br><br><span style="font-family: arial, helvetica, sans-serif;">L’Institut Afrique Décide exprime sa gratitude à l’ensemble des participants, en présentiel comme en ligne, pour leur disponibilité et la qualité des échanges.</span></p>
Référence
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